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Employee of the Month

Ceci est seulement la véritable histoire de ma vraie vie réélle dans ma superbe et vraie agence de réélle publicité, mes collègues si délectables, ses commerciaux, ses créatifs, sa photocopieuse, ses stagiaires et ses cafés, ses ordinateurs, ses compétitions perdues, ses rêves et ses déboires, ses femmes de ménages, ses boss, my boss.

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:: Break tHe pIpOlZ'DeAd vive le Roi

Par Employee of the Month :: 26/01/2007 à 13:26 :: Concours
Bon, je crois qu'on va arrêter tout de suite ce concours beaucoup trop compliqué pour enchaîner de nouveau sur une vie plus calme, faite d'amour, de pain de seigle, de yogourth (pas yaourth hein) au bifidus actif, de PV de stationnement, de bravitude et autres enquêtes louches par les RG, de feu, de nases, de gitans et de voisins.
J'ai une idée de concours à decorner les arbres, ca va être le feu, faut juste que je le mette bien au point.
Joyeuses gens,
A très bientôt.

EOTM.

Break the Pipolz with Mum and Dad

Par Employee of the Month :: 19/01/2007 à 9:53 :: Concours
Par la présente je déclare ouvert un nouveau concours alternatif d'un genre tout à fait convenu, implacable de manque d'originalité, mais ceci étant, nous y voici :

"Break the Pipolz with Mum and Dad or with what you want that kicks ass"
"Casser du pipol avec maman et papa ou avec ce qu'on veut qui casse de la fesse"

Il s'agit mes amis de nous laisser vos contributions, approximations douteuses patronymiques de stars éternelles. Somptueux MonsieurEtMadameOnt1Fils(ille) autorisés, jeux de mots perraves autorisés, bref pas de limite.
Mais ne seront bien évidemment publiés que les plus approximatifs. Evitez moi les MonsieurEtMadame Drucker ont une fils ? Michel... Parce que ça, véritablement ça ne marchera pas hein.

Et pour simple exemple je ne dirai que ceci :
Q : Monsieur et Madame Peur ont un fils ?
R : Bernard.

---

Vos CONTRIBUTIONS :

01_Nikos à la gale
(Potentiellement déclinable sous M&Mme Alagale ont un(e) fils(lle)?)
Alex la baronne (http://classeoucrasse.over-blog.com)

02_Steph Imberbe (Potentiellement déclinable sous M&Mme Imberbe ont un(e) fils(lle)?)
François Pignon (http://NOBLOG !!!)

03_Mr & Mrs Jackson ont une voiture ?... La Toyota"...
Tireboulette (http://salaudsdepauvres.zeblog.com)

04_Impossible de trouver un taxi libre, c'est la croix et Alain Barrière...
Tireboulette (http://salaudsdepauvres.zeblog.com)

05_Pourquoi James bande ? Parce que Jean(ne) masse... (Mention Poucrave 4 étoiles pour celle-ci)
Farteur (un(e) blogless de plus)

Concour's goin' on - C'est ICI qu'on poste sa contribution - Merci

Par Employee of the Month :: 11/01/2007 à 12:57 :: Concours
Allez ! C'est parti pour de bon...
Le listing continue avec des contributions bloggesques :
3 nouvelles expressions énormes de Tireboulette - update de billet :

01_ "Il pleut des cornes"
Copyright 2007_Tireboulette (http://salaudsdepauvres.zeblog.com)

02_ "C'est du fard à paupières !" (de la poudre aux yeux)
Copyright 2007_Miss President (http://misspresident.zeblog.com)

03_ "Il a en dans la ciboulette mon gamin" .
Copyright 2007_Tireboulette (http://salaudsdepauvres.zeblog.com)

04_ "En attendant, il ronge sa faim".
Copyright 2007_Tireboulette (http://salaudsdepauvres.zeblog.com)

05_ "A s'en mordre les dents" (entre serrer les dents et mordre les doigts, il faut parfois choisir)
Copyright 2007_Tireboulette (http://salaudsdepauvres.zeblog.com)

06_ "Ca passe comme la poste à la poste"
Copyright 2007_François Pignon (the ONE without any blog)

07_ "Y'en a qui ont pas les yeux dans le trou"
Copyright 2007_Tireboulette (http://salaudsdepauvres.zeblog.com)
...
08_ "Faudrait ptet pas voir à couper les cheveux dans la soupe hein !"
Copyright 2007_Péquin number one

09_ "Encore un qui a pas sa dent dans sa poche"
Copyright 2007_Péquin number two

10_ "Pfff, y m'a encore raconté une histoire à dormir dans la soupe"
Copyright 2007_EOTM (Hors Concours)

11_ "Depuis qu'il a son nouveau job, il a vraiment attrapé la grosse fête"
Copyright 2007_EOTM (Hors Concours)

12_ "C'est vraiment une histoire à courir debout" (par ext. c'est vraiment une histoire à dormir par les cheveux")
Copyright 2007_EOTM (Hors Concours)

13_ "C'est le clown qui se fout du cirque !"
Copyright 2007_Francçois Pignon (Still the man with noBlo°o°oooOo°g)

Héhéhéhé... Merci pour vos efforts, nous arriverons bientôt à une liste impressionnante...
Qui sait, peut être réussirons-nous à pervertir les habitudes idiomatiques du salaud de français...
To be continued
En attendant que ce billet grossisse...
A vos psylos !

Le Gros CONcours est enfin arrivé

Par Employee of the Month :: 10/01/2007 à 0:22 :: Général
Alors là je suis très vener. Je viens de me taper douze posts de petites frappes insurgées, et je suis très remonté. Pourquoi est-il aussi méchant ? Pourquoi tant d'intolérance ? Et pourquoi tant de haine... Nous, cultivés, érudits, nous autres intellectuels, pourquoi, tu peux me le dire ??? POURQUUUUUOOOOOIIII ?????? Et parce que la nature est tout de même bien dotée, le dernier trou du cul qui m'a débalé un stand pareil s'est fendu de ce qui va me servir d'excellente transition :

"Tu dois sacrément être au bord du rouleau pour être aussi énervé"
OUI. Je suis au bord du rouleau, au bout du gouffre.

Et c'est ainsi que je déclare ouvert : "LE GRAND CONCOURS DE L'EXPRESSION QUI CONFIRME LA REINE"
Je suis désolé de vous prendre de court, mais au fil des années, et grâce à mes précieux collègues, grâce à mes brillants clients, (toujours bien plus que toi ou moi) voici les perles que j'ai pris peine de relever (nous ferons un classement suite à un grand vote général pour l'expression qui suinte le plus, promis) :

IMPORTANT : ces expressions sont bien évidemment hors concours.
Parce qu'à part pour les appels d'offre où des trous de cul font gagner leur femme, leurs gosses voire leur chien, ici on est réglo. Ce sera pas de l'autocratie, que les choses soient claires.
Aussi, merci de noter les expressions du post "Concour's going ON" et de CONTRIBUER massivement !!!


01*_ "Faut pas prendre un vieux singe pour faire une limace" (*Ceci n'est pas qualitatif)
Exemple : "Faudrait voir à pas prendre un vieux singe pour faire une limace" (bon, je sors...)

02_ "Il pleut des vaches qui pissent"
Exemple : "Allo ? Tu passes un bon weekend à la Bourboule ?
- M'en parles pas. Y pleut des vaches qui pissent depuis trois jours."

03_ "On est pas rendu de l'auberge"
Exemple : "Vous avez fini votre travail Monsieur Pine ?
- Nan, pas encore et je préfère vous dire qu'avec l'équipe que j'ai sous la main on est pas rendu de l'auberge"

04_ "T'as mis le doigt sur un mille"
Exemple : "T'as tout à fait raison quand tu parles de lui, je crois que t'as vraiment mis le doigt sur un mille"

05_ "T'y es pas allé avec le dos de la main morte"
Exemple : "Ouahhh... Comme tu t'es râclé la tronche ! T'y pas allé avec le dos de la main morte !"

06_ " Je suis au bord du rouleau" (et par extension : "je suis au bout du gouffre")
Exemple : "J'en peux plus là, je crois que je vais dérouiller.
- Ouais, t'es comme moi quoi, t'es au bord du rouleau mon vieux..."

07_ "Faire d'une paire de couilles" (je sais, ca gravèle)
Exemple : "Ecoute hier, trop fort, j'ai sauté un repas et ma belle-mère (ndlr. Pierre Desproges)
- Ah ouais, t'as fait d'une paire de couilles !"

08_ "Ce midi, j'ai mangé sur le coude"
Exemple : "J'étais tellement speed ce midi, entre le chien à amener au pressing, les gosses chez le cordonnier, et les impôts au bowling, j'ai été obligé de manger sur le coude."

09_ "Doucement les basques !" (par ext. : "tu vas me lâches les basses !")
Exemple : "Hé le Corse là, t'es encore en train de dormir ?!?
- Oh, Oh... Doucement les basques. Tu m'as réveillé, tas de nouilles."

10_ "Je vais retrouver les droits de morfler" (?!?)
Exemple : "Bon, les amis, sur ces bonnes paroles, je vais retrouver les droits de morfler"

11_ "C'est pas la peine de monter sur tes grands airs" (par ext. Prendre ses grands chevaux)
Exemple : "Hé dis donc la comtesse là, tu vas vite m'enlever ton petit ton celtique à l'ancienne, c'est vraiment pas la peine de monter sur tes grands airs.

12_ "J'en peux plus de ce gosse, c'est une vraie tête à cuire"
Exemple : "J'en peux plus de ce gosse, c'est une vraie tête à cuire" No comment.

Je vous invite maintenant à me faire part de vos plus belles expressions. Sachez que se cumulent dans la musette de bien plus nombreuses sentences, mais qu'il m'est impossible de briller autant en une seule fois. J'attends vos contributions. Le présent concours désignera la meilleure expression qui elle-même se verra reprise en une superbe illustration qui sera le thème du prochain concours "Le Gros CONcours de desSEINS".

Salauds de cons.
Salut.

C'est comme tout

Par Employee of the Month :: 30/12/2006 à 23:06 :: Le monde de le MyBoss
On a repris le bureau avec la tête enfarinée.  Deux jours de festoyants instants, deux jours à très mal dormir à cause d'un camping familial pour l'occasion, deux jours à avoir l'estomac qui fume à cause des huîtres aux escargots et de la bûche au foie gras. Bref.
Recalage devant le moniteur toujours aussi plat. Bizarrement le bureau paraît plus calme.
Faut dire qu'on a laissé quelques nases en vacances, certains trendsetters aux sports d'hiver sans hiver, certains autres ploucs en vacances au golf du coin dans un piaule avec jacuzzi à 500 pions la nuit. Que leurs nuits soient douces.
Aujourd'hui, il est simplement question d'une petite prise adorable durant ce petit week-end (il faut dire qu'avec la marée crasseuse qui nous entoure en permanence, on devient des rois de la pêche en toute occasion). Peut-être avez-vous une âme trop solidement droite et aimante, sans bosselure, sans égratignure. La mienne est en revanche très irritable et, de petites défaillances, de petits soubresauts, pointes d'un mauvais goût dissimulé, ne m'échappent que très rarement. Mettant en branle, au plus profond de moi, une mécanique d'un fiel assassin et d'une intolérance permettant justement de parfaitement me rappeler tous ces petits instants que je prends un grand plaisir à vous faire partager.

Je rejoins d'ailleurs parfaitement l'entreprise de messire(ux) Tireboulette, que je viens de linker à cet espace d'intense réflexion (j'ai nommé le radical http://salaudsdepauvres.zeblog.com/). L'observation du monde qui nous entoure ne peut aujourd'hui que se ponctuer d'un dégoût radical de ce qui se fait de mieux en terme environnemental. A en juger premièrement par l'absence totale d'esthétique, de grâce tant que de distinction, cette malheureuse rue ne se peuple plus que de bien tristes diables, écervelés, impossibles de constat, et laissés pour leur propre compte, débiteurs.

Aussi, et c'est le sujet de ce présent billet, j'aimerais simplement faire la lumière sur quelques expressions, relevées de-ci, de-là :

01. Les goûts et les couleurs, ça s'discute pas
Je tiens à rendre un hommage tout particulier aux abrutis de mangeurs de pelles qui usent de cette expression couramment. C'est vrai, bande de plats à foutre, que les goûts et les couleurs, ça ne sert à rien d'en discuter. D'ailleurs, vu que les images, c'est un peu mon métier, ben j'en ai rien à foutre non plus, et puis mes collègues non plus. Ce qui fait qu'en général, bah pourquoi une image plus que celle-ci, ben on en sait rien mais on s'en fout hein ? C'est vrai qu'on s'en fout d'en discuter des couleurs, Debré doit se réjouir de savoir qu'il écrit des foutaises qui parlent de rien, que nos philosophes sont des caves à ploucs, que le monde sent bien meilleur une fois lavé de tout espoir de s'engueuler sur les carnations du Caravage, ou sur les plafonds de Tiepolo. Et pis c'est vrai que pas mal de ces nases doivent avoir un sale vieux goût merdeux dans la bouche, mais chacun le sien, de goût hein... Ca se discute pas, c'est comme tout.

02. C'est comme tout !
Autre summum du taquet du classe, cette divine expression. Bah oué hein, les goûts et les couleurs, c'est comme tout, ça se discute pas ! Mais c'est comme tout quoi ? C'est comme tout... Comme les plantations de pavot afghan ? Comme les baisses de PIB du Turkménistan (si tant est qu'il en ait un) ? Comme la nouvelle baraque à frite à la sortie de l'A13 ? Comme les Playmobil y zont un duo de jambes ??? C'est comme tout quoi ? C'est comme tout, ça se discute pas mon brave...

C'est marrant comme on peut se remonter tout seul. Hein !!! Auto-vénération (du français surmoderne : VENER, très très remonté) Veuillez m'excuser pour la suite de la liste, mais celle-ci viendra un peu plus tard. Me voici pris d'une tâche tout à fait autre, immuablement aspirante, je vous laisse méditer sur ces superbes maximes, ces knacks de la vie. J'ai déjà apporté quelques contributions à Salaudsdepauvres qui depuis désormais quelques temps, répertoriait de nombreuses et très énervantes expressions, de cet affligeant calibre. Celles du quotidien, celles de la famille qu'on tente d'oublier, celles du voisin casse-rouleau qu'on excuse moins, celles du buraliste qu'on maudit et qui refoule la gauloise brune, celles du chauffeur de taxi qu'on tâche d'oublier le plus rapidement possible, celle du quidam lambda moyen x tout le monde, qui fait que je suis toujours autant énervé autant de fois par semaine.

Ah, et je pense tout rapidement à ceci, petit conseil de lecture : le Baleinié (Dictionnaire des petits tracas | 2 tomes)
Très très proches de toutes les situations de grande vénération, extrême reporting très judicieusement ficelé.

Et je presqueterminerai avec une convenable citation de cet unique ouvrage :
«Souffrir avec précision, c’est mieux savoir vivre mal»
Extrait du livre "Le Baleinié" Jean-Claude Leguay, Christine Murillo et Grégoire Oestermann

Sinon... je cherchais comme un âne le fabuleux concours auquel nous pourrions nous livrer, JE L'AVAIS SOUS LA MAIN !!! Aidé de ces salauds de ploucs, de ces pesteux de cons, chaque jour nous grandit davantage !
La suite et le concours promis au prochain billet.





Liberté de la graisse

Par Employee of the Month :: 20/12/2006 à 19:53 :: Le monde de le MyBoss
Certains passent. La seule trace laissée sur cet espace de grande expression reste une unité qui s'ajoute, inlassablement sur le compteur des visites. Certains, peu nombreux, sont allés jusqu'à laisser une deuxième trace, comme un cadeau lèger, comme une fleur coupée, posée dans un vase en verre soufflé à fleurs sérigraphiées, vertes, arrosées d'une lumière diffuse, dispensée par un superbe lustre en acier dépoli et couvert d'une fourrure en zèbre synthétique... Je m'égare. J'ai juste un air de Barry White qui défile derrière moi. Et forcément, ça déchaîne.

Bref. Je disais simplement que ces presque invisibles, visiteurs subtils, ne déflorant pas le contenu hautement alternatif de cette presque prose marketing, m'ont remonté il y a peu avoir été dépassés par la longueur du dernier billet. Il est vrai. C'est très long. Et je m'aperçois avec un brin de désarroi, qu'internet est difficilement lisible. J'ai moi-même du mal à relire cette longue tirade.
Aussi on va se concentrer très fort afin de fournir du contenu choc. Le poids des mots, le choc des mots.
C'est bien ça. On garde.

Du fait... Voilà, c'est vraiment tout pour tout de suite.
Je pense que je vais organiser un grand concours. C'est bien les concours.
Et étant donné que tout le monde s'emmerde pendant les fêtes de Noël, on va essayer de le faire le plus débile possible. A ce moment donné où, les ventres pensent à la place des têtes, pendant les fêtes (ça y'est, on y est, et je résouds cette superbe tirade par un bon titre bien trouvé), laissons courrir la liberté de la graisse. Graisse, graisse. Bon. Je ferai pas pire comme post.

C'est plus court là non ?


Le quart temps

Par Employee of the Month :: 18/12/2006 à 22:56 :: Le monde de le MyBoss
Dans les agences de publicité, depuis qu'on est passé aux 35 heures, on a un sérieux problème.
Premièrement, on y est jamais vraiment passé.
Deuxièmement, on sait jamais quoi foutre de ces saloperies de RTT.
Je suis pour les 70 heures. C'est beaucoup. C'est bien 70.
C'est le double de la base, ça rappelle tout bonnement l'âge canonique des seniors, tant que de superbes années (les meilleurs si l'on tendait à l'éradication complète de Claude François sur quelque support qu'il soit).
Et puis c'est presque le nombre de chevaux de mon véhicule de courtoisie. Bien élevé.
L'année passée, au mois de novembre, on s'est retrouvé comme deux cons avec Elno : on avait tous les deux plus de 28 jours cumulés à rattraper. Ca m'a bien fait marrer de m'imaginer porter ma demande de congés :
"Bonjour c'est pour les congés là..."
"Oui et ?"
"Ben rien, j'ai le droit de prendre 127 jours de congés ?"

Puis Franz arrive. Me tirant de mon incursion à la compta :
"Heyyy... Bon alors les gars vous êtes prêts ? On a le plus gros rendu de la Terre lundi prochain. Y'a Pipo qui s'excite, y veulent qu'on leur refasse des packs et des displays pour début d'année. Y'a Gérot qui est en feu à l'étage du dessous. Y se demande comment y va faire pour cacher son laptop dans la valise sans que sa femme ait envie de lui faire bouffer extrait de naissance... Ahah..."

Bref. On était pas encore prêts à poser des congés.
Puis là, c'est dramatique, mais je m'en fous. Je m'en contrefous de ces maudits congés. Je prends le travail sans sourciller. Je suis content d'entendre les doléances d'un commercial pas créatif du tout. Je suis content qu'il vienne nous voir, comme on va voir le devin, ou le marabout. On vient nous voir parce que nous sommes les images manquantes à sa petite vie de tableaux excel.

Je travaille comme un forcené de la souris toute l'année, en espérant chaque instant qu'on se pointe pas dans le studio avec une nouvelle chemise orange remplie de briefs incompréhensibles. Et malgré tout, cette terrible et fâcheuse nouvelle arrive chaque jour. Celle qui décale la vie sans compter, qui nous nantit à jamais d'une vie sentimentale et sexuelle de looser, celle qui nous catalogue plus mauvais rencards de l'univers, celle qui nous fait passer pour les seuls clampins à avoir une collection de montres sans pile. Et je crois que, comme tout plein d'autres personnes dans cette foutue agence, Elno et moi on préfère presque être là, assis, à se poser de vrais problèmes intelligents, pas des problèmes de bulots à savoir combien y me faut de ceintres pour remplir un rayon de voiture qui part à 10h et que si elle roule vite c'est super. Rien de tout ça... Des pures journées à savoir dans quelle couleur naîtra le prochain exceptionnel logotype automobile qui sortira du studio. Quel fond de page pour un radical et frissonnant catalogue de lingerie ? Quelle pause choisir dans tous ces rush magnifiques pour la nouvelle 4x3 de notre client préféré...

Nous sommes tatoués au taf.
La dernière fois que je suis parti en vacances, en weekend, pardon. Donc mon dernier weekend, écrivais-je, je ne me suis jamais autant emmerdé depuis très longtemps. Je crois que je suis vraiment en état de fébrilité de LA vacance (de  vaquer). Je crois même que le travail me manque. Et ceci ne va pas sans me poser un problème de fond beaucoup plus important. Je ne crois plus aux installations socialistes. Moi qui pourtant, petit, très petit, ai baigné dans une baignoire à la rose, ai rêvé de nombreuses fois de Mitterand, ai presque adopté un poster d'Edith Cresson, ai versé une larme à la disparition de Pierre Bérégovoy (sèche). Moi, dont le père a toujours milité passivement mais avec tellement de ferveur qu'il eut tôt fait de faire de moi son fan le plus dévoué, moi encore qui m'insurgeait lors de ces dernières présidentielles en découvrant toutes ces piailleries heureuses des surnotés de l'agence, endimanchés dans leurs Cerruti, Boss et Kenzo trop larges, tellement absent de goût, que même les meilleurs arrivent à sembler mal coupés... Moi qui pleurait en m'imaginant boire les briefs de ces nases de l'autre bord, moi qui voyait ce monde possiblement Vader, possiblement penchant au comble des extrêmes.
Je me trouvais comme un con sur une mine.

J'avais penché à un moment ou à un autre. J'avais peut-être sauté la palissade ce jour où je me surpris à insulter très intérieurement et très méticuleusement pendant plus d'une bonne vingtaine de minutes, un groupe de gréviste cégétiste qui m'avait fait manquer le coche d'une correspondance. J'étais remonté en toute puissance, j'ai eu envie de gueuler moi aussi, au tout devant de ces gens en guenilles professionnelles, qui eux-mêmes hurlaient qu'on ne leur supprimerait pas leurs 35 heures sans qu'on leur passa sur le corps... Je me souviens très précisément ce que je me suis dit : que j'en étais après deux jours à plus du tiers de ce qu'il ne voulait perdre > qu'ils pouvaient bien aller se faire mettre > que j'étais content d'aller à l'agence > que j'étais sans doute un connard de moitié de Bobo morfondu d'amour pour son travail mais que ça se mérite.

Là j'ai fait un saut.
La chute a été dure. Je revoyais âprement ces images d'enfance, porté par les grandes marques socialistes, les stigmata régnantes m'ayant façonné corps et âme, les efforts politiques constant pour faire de moi un homme envié de la CGT. MAIS QUE NENNI, je crois que le monde a changé. Aujourd'hui, il nous faut pour gagner la liberté des mouvements, payer de sa personne en temps et en heure, accumuler les tâches et ne pas succomber, s'accomoder des plannings et faire collection des congés, comme des guirlandes de frites molles, vacances à la Bourboule, weekend d'amour à Sedan, musée de la tapisserie à la Toussaint...  Oublier dès qu'on y est qu'on y sera encore, ou que l'on y est encore pour quelques jours... On a tous un couple de biaiseux inintéressants au possible, un couple d'inséparables sans tête, les pattes collées à leur petite branche de misère. On a tous pas loin de nous le souvenir d'avoir été obligés de passer le weekend chez ce petit couple merdeux. Il s'agit même parfois d'une de vos plus vieille connaissance, qui à défaut d'avoir évoluée, n'a pas bougé d'un yota, vous ressassant toujours les trois uniques blagues communes connues de tous, par la communauté des autres affligeants amis d'enfance que l'on ne voit plus, eux. Eh bien je peux dire aujourd'hui qu'il m'arrive de plus en plus communément d'avoir cette angoisse du vide, lorsque l'on me livre mes congés, comme ces fois où je savais mon weekend dédié à la visite d'un de ces couples à la con, un grand frisson dans le dos.

On en fait bien trop souvent des hecto-tonnes avec notre capital soleil. Soit dit en passant, je pense que le mien est plutôt pas mal conservé au vu de la blancheur de ce qui se trouve dans l'exact dessous de mes vêtements. Eh bien je crois que le caporal direct du capital soleil, c'est le capital vacances. Celui qui chapote le tout. Celui qui édicte les lois du Monopoly de la branlouille. Et dans mon cas, je pense que le capital vacances en a beaucoup trop pris dans les tibias. Je crois même que je ne peux plus m'exposer sans risque aux vertiges des congés payés. Je crois que la vue d'un maillot de bain me colle la nausée, je crois que l'odeur de la crême brulée sur les plages, les fesses molles se traînant jusqu'une eau trop froide, les rouleaux de papier hygiéniques roses dans les mains des campeurs, les Ford Escort fumant le long des autoroutes, les bourgeoises passagères écrasant leurs petits orteils boudinés en forme de pigeons, terminaison de petits steaks gonflés sur le pare-brise d'un gros ML ou d'un subtil X5, ce vilain petit anglais sanglottant qui vient de chier dans l'eau de la piscine de l'hôtel, ces sales caravanes, ces sales bruyants italiens qui n'en finissent de hurler, ce sale con à côté de moi dans l'avion qui sent la transpiration, ce sale avion, ces sales peurs, ces sales congés, ces sales vacances.

Rendez-moi mon bureau.
Je repense à Miru, notre ancien maquettiste. Il paraît qu'il a un quart temps maintenant.
Il paraît que tout va bien maintenant. Je pense bien. Il doit enfin être à 35 heures.
C'est bien 35 heures.


Les roughs d'Elno

Par Employee of the Month :: 15/12/2006 à 0:57 :: Le monde de le MyBoss

Anita dans les bacs

Par Employee of the Month :: 13/12/2006 à 22:47 :: Le monde de le MyBoss
Bon eh bien voilà, c'est fait.
Anita a pris ses premières marques dans le tourment de ce début de semaine. Elno l'a croisée le premier.
Il est revenu en se marrant.
"T'es vraiment trop fort toi, hein ! MyBoss lui a fait un petit bureau en bas, je l'ai vue avec un pauv' carton rempli de trucs , une de plus dans le moulin!"...
Eh oui Elno, je suis le devin du café en poudre. Anita avait donc débarqué. Et soudain je me sens investi d'une mission cosmique. Mettre un coup de cinquième jusque l'étage du dessous pour voir l'entrée de la jeunette à l'agence.
Je croise en descendant du studio tous les endormis du commerce non équitable, Dils, le forcené du marketing, qui a passé plus de six ans en geôle passif de la vente forcée, Luc, qui se gratte les fesses en discutant avec la très belle et néanmoins gourdasse Catherine, la machine à café qui a toujours pas bougé de place, un nouveau rase les murs en répétant une quelconque présentation. Je manque d'apercevoir que j'ai un lacet défait et : je tombe nez à dos avec Anita qui se fait entretenir par Caro, qui se lamente de je ne sais quoi.
Anita est habillé comme un sapin de télé. Je fais mine d'attraper du papier dans un meuble non loin de là et je laisse traîner une oreille. Anita a un fâcheux accent de rombière maquillée à la graisse d'oie. Je crois que les réunions vont être marrantes. Elle a laissé son carton par terre, quelques conneries à l'intérieur, un presse papier super trendy en aluminium, une trousse rose avec des trucs au correcteur badigeonnés sur l'intégralité de la surface, des feuilles empilées. Rien de bien intéressant pour une pêche matinale. Et puis là, je vois le bout de son bureau fraîchement installé.
Elle travaille juste à côté de ce bon vieux Sergio. Il est en train de ronger ses petites saucisses de doigts (surement ce que l'on fait de mieux en terme d'amuse-gueule italien). Je m'introduis.
Sergio lève la tête.
"Hey !"
"Hey Sergio. Ca roule ? Qu'est-ce que tu fais de beau ?"
"Ben rien, je suis en train de croupir sur le truc du gaz là. Pfff... C'est la merde ce dossier. Yvon m'a encore rien filé, je suis dans la grosse grosse merde." Le mur des lamentations publicitaires pose ses briques, je l'entends à moitié, je reste concentré afin d'entendre la fin de la phrase et pendant ce temps j'ai tout le loisir de laisser filer le regard.

J'écarquille les yeux. INCROYABLE.
Le plateau d'Anita, à peine pris par un grand air de bureau arbore déjà fiérement la photo de... D'un, d'une chose époustoufflante... Au beau milieu d'un petit cadre rondouillet, pourprement dégradé avec un manque de goût certain par une équipe de designer sous hash, repose en paix le portrait d'un homme d'environ quarante ans, avec un regard d'une bêtise consternante, sous le masque de la simpleterie s'étiole également un sourire fermé, sous lequel s'allonge un menton démesuré, le tout supporté par un polo rose orné d'une magnifique broderie inconnue. J'ai failli manqué la sculpturale boucle d'oreille Bernard sans le Lavilliers.

"Tu vois c'est la merde."
"Ben si tu le dis Sergio, ouaips c'est la merde. T'as qu'à mettre un gros taquet à Yvon quand tu le vois".
C'est dingue ce que l'on gagne comme temps à faire plein de trucs en même temps quand même.
Je crois que la photo est signée, enfin... Biffée. Je suis trop loin. Anita a tourné les talons.
Elle rentre dans le bureau.
"Bonjour-euuu. Enchantée-euu, Anita-euuu"
Ah merde cet accent !... Fogiel pour femme. Je coince là. Faut bouger.
Je crois n'avoir pas répondu. Je me fends d'un "bon courage" complétement à l'ouest, et j'enchaîne dans le couloir.
Sergio a grogné, Anita s'est assise non loin du magnifique, somptueux portrait de... Appelons le Rex. C'est bien Rex. Un beau pelage de berger allemand comme ça, ça lui va tellement bien. Elno, si tu savais. Anita a un berger allemand tout au fond de son coeur, ça vaut bien mieux qu'un bichon maltais non ?
Johann n'est pas encore arrivée. Tant mieux.
"Elno, mets-nous un petit Joey Starr. J'ai un truc marrant à te raconter".
Back dans les bacs, Anita dans les bacs. Je crois qu'on va rire.
Et Elno de me dire :
"Ah tiens, Yvon a appelé, tu vas être content on taffe cet aprem sur plein de supports chiants et devine qui se colle sur le brief commercial ?"
"Anita ?"
"T'as pas bu de café non?"
"Je suis juste trop fort Elno, tu devrais le savoir maintenant."



Ségolène je t'aime

Par Employee of the Month :: 13/12/2006 à 21:52 :: Le monde de le MyBoss
Qui a dit que les petits rachitiques de 40 kilos avaient un droit à la parole ?
Svenk, qui pointe tout droit de chez les albinos du grand nord arrive en furie ce matin. C'est un gratte-fric de l'étage du dessous. Commercial en grandes pompes, au vu de la taille de ses pieds pour son mètre soixante. Cet ahuri arrive comme une dinde dans le studio se prend au passage ses palmes dans le téléphone, Johann hurle parce qu'elle vient de perdre deux ans de rab suite à une micro-attaque, l'autre ne la regarde même pas, il gesticule.
Je lève la tête de l'écran et le voilà qui nous entonne un truc du genre :
"Bon faudrait ptet accélerer le mouvement, j'ai Calvert qui hurle, j'attends des roughs de l'autre free à deux francs là, qui comprend rien, ca commence à me courir. On est où avec ce dossier ? Sort moi les maquettes de la première piste là... Celle avec le Bogof "(ndvs : Buy One Get One Free)
Et d'enchaîner sur le clou de cette spectaculaire entrée en matière :
"De toutes façons, je sais pas ce que vous foutez dans ce studio, entre l'autre qui m'envoie des conneries par mail, et  Laurent qui me vient pleurer sur les délais, ca y'est vous êtes tous prêts pour voter Ségolène Royal."

Svenk est un gros con. Ca vient de m'en faire un autre sur la grande liste des Sarkosistes périssables qui sont persuadés que le studio, et malgré tout à juste titre, à une légère petite portance sur la gauche.

Comme d'habitude, j'ai juste à la fermer, en ne sourcillant presque pas, Elno part au quart de tour :
" Ben ouais Svenk, comme tu te l'imagines bien, j'aimerai bien que Ségolène soit présidente parce que : premièrement, je vais pouvoir me faire un tee-shirt et venir te montrer sa tronche en vecto tous les matins dans ton bureau, et petit deuxièmement, Royal pour un président, c'est Royal. Tu trouves pas ?"

Svenk le regarde, il est furax, je le regarde à mon tour, j'ai bien envie de lui faire sa fête aussi.
Quand à cet instant précis voilà que la Suède retrouve le Nord :
"Ca, quand on débarque dans le studio, y'en a toujours un pour relever hein ! N'empêche que ca vous arrive jamais vous de vous prendre des gnons dans le bus, les gens en France aiment pas les blonds. C'est pas parce que je fais un mètre soixante qu'y faut vous croire tout permis. Ouais ! Moi je serai content d'aller mettre mon bulletin dans l'urne, un peu de justice ferait pas de mal. Ca vous mettra un peu de plomb dans la cervelle de vous faire diriger par un petit teigneux."
"Tu te présentes ?" lui demande Elno
"T'es vraiment trop con Elno"
"Sans doute. Ségolène, je t'aime"
"Magnez vous le cul pour récupérer ces putains de roughs, Calvert rappelle dans vingt minutes. Je sais pas quel free bosse là-dessus, mais il a intérêt à se bouger."
"J'aime bien quand tu t'énerves Svenk, le rouge et le jaune, c'est presque classe"

Je me rapproche de l'écran, c'est drôle là... Elno est satisfait. Svenk crisse des ongles. Casse-toi Svenk. Casse-toi.
Il tourne les talons. J'aime aussi ce studio. Comme une île qui pue, au milieu des poubelles. Je me sens bien.
"Bon Elno, appelle le free, dis-lui que Svenk trouve ses roughs pourris".
"Ouais. C'est vrai qu'y sont pourris ces roughs non ?"
"Elno...? On dit pas qu'on a les clients qu'on mérite ?"
"Si pourquoi ?"
"Ben... Calvert. Non rien..."

Jean Christophe Mader

Par Employee of the Month :: 05/12/2006 à 23:24 :: Le monde de le MyBoss
J'en doutais mais je crois avoir rencontré le plus grand et le plus beau de tous les temps.
Je croise Jean Christophe ce matin. Je le croise (...), je ne le croise pas, je le traverse presque. Le studio venait déjà de me sonner douze fois pour me faire chier avec des fichiers indécompressables à envoyer au siège d'un de nos gros poissons, bref. J'arrive sur le parvis de l'agence, mon pull me gratte les côtes depuis dix bonnes minutes, s'ajoutant à l'idée insupportable de porter ce tee-shirt trop court que je ne peux vraiment plus encadrer, je m'aperçois en passant que j'ai paumé un gant je ne sais où. Fabulous.
Je stoppe net, je viens de saisir une phrase. Il avait pourtant failli être loin, oublié, dès le pas de la porte, dès la vue de la fenêtre de mon bureau. Mais je l'ai entendue, cette phrase inconsistante, suffisante, pesante, stridante, dans le matin qui  gratte

"CA, c'est trop frais, c'est vraiment une killing idea". Connard.

Je cherchais depuis longtemps où cette espèce de gros furonculé de chargé de clientèle piochait ses expressions de has-been rôti. Pour les novices, je vous conseille rapidement la pratique d'un ouvrage radical et de surcroît,suffisamment spirituel pour être attachant : le dialector (http://referer.wunderman-i.com/dialector/). Parlez la com chez vous qu'ils disent, les monsieurs de chez Wunderman. La publicité s'aime et ça se voit, c'est simple et beau comme un killing concept.
Et je crois que dans la course à la réthorique périmante, Jean Christophe est un leader autant qu'un dealer. Ce mec est d'ailleurs d'une classe époustoufflante, il pourrait mettre des guêtres qu'il le ferait. Toujours coincé dans ses petites chemises italiennes bleues, rose, rouges, jaunes à col blanc amidonné, ses costards en velours, pantalons cigarette ajustés à la limite du feu d'appartement, Weston surnases, petites joues rougies par son intrépide envie de mordre, la truffe de l'alcoolique mondain qui vient de décoincer le cul de son break familial mais "sporty" BMW, faut quand même pas déconner le siège du fils unique est un Recaro en cuir. Tout ceci n'est pas vraiment sujet à débat, je plonge la tête la première dans la joie des colères subjectives, je hais l'univers entier de ce nase, de ses blagues nases à ses manches relevées toute la semaine dernière pour nous montrer sa nouvelle Baume&Mercier, ses montures Gucci qui lui vont comme un gant à un pied, et je passerai le traditionnel Barbour à l'huile de foie de morue, le gilet croisillonné de chasseur de hamster, le pull marine en cashemire du Kashmir sur épaules en train de decéder.

La semaine dernière, en passant dans le parking des Galeries Modernes, Jean Christophe roulaient de gros patins à Gwladys, la standardiste du pôle B, dans sa BMW familiale, les vitres étaient suffisamment baissées pour que je puisse entendre un léger mais très distinct filet de Macumba, et donc de Jean-Pierre Mader.

3ème sous-sol, un étage qui lui va décidément comme un gant.

Dur Asphalte

Par Employee of the Month :: 05/12/2006 à 23:22 :: Le monde de le MyBoss
Il y a des jours de merde où rien ne se passe, et d'autres où le pire arrive. Mais dans les agences de publicité, même ces jours où l'asphalte ronge misérablement les destins, ces jours où les caisses sont plus que savonneuses, on avale bien proprement ses sanglots existentiels et l'on sourit, comme un gros smiley microsoft à la con. Je rajoute même un son à l'étouffement général de bonhomie quand je croise myboss dans le couloir de la grande salle de réunion. Je repense soudain à l'enfance là, comme une huitre en famille, j'étais bien, les souvenirs me font sourire et la vie continue de passer devant nos yeux. Dur asphalte. 

Anita

Par Employee of the Month :: 03/12/2006 à 22:36 :: Général
Anita est arrivé à l'agence il y a maintenant trois mois.
J'étais avec Elno, l'autre directeur artistique du pôle de création C, quand nous l'avons aperçue, déambulant dans le couloir jeté près de la Direction. Elno m'a regardé, il mâchouillait un bout de SignPen, avec lequel il venait de gribouiller une sortie couleur. J'ai tourné le regard dans la direction qu'avait emprunté le sien, et c'est comme cela que pour la première fois, j'ai vu passé cette fille pâlote, habillé comme une éponge qui a trop vissé devant la Nouvelle Star et consort, une superbe impression, d'un seul tenant.

Première digression.
C'est assez marrant mais depuis maintenant deux ans que je me trouve à l'agence, je peux vous dire avec une grande précision qui se pointe pour se faire embaucher, pour quel poste, qui sera appelé rapidement à poursuivre dans la pratique les jolies volubiles motivations de l'atelier de recrutement, et qui n'aura jamais de bureau dans cette foutue agence. Parce qu'il y a une règle. Les agences de publicité commencent par appliquer "le" principe actif (que nous aurons l'occasion d'approfondir) au bas de la pyramide. En de plus clairs termes, nos éléments sont nos packagings, nos boîtes de soupes, nos têtes de gondoles, nos meilleurs produits...  Et dans ce cas précis, nous étions rééllement en panne d'une gourde dégourdie à la limite de l'écervellement, pour aller vendre du concept TF1 auprès d'une partie de nos clients, il nous manquait sévèrement la présence d'une jeunasse looké, la petite tête qui fait rêver le client, qui se dit plus souvent que l'on peut le croire, que peut être, il pourrait acheter avec le concept qu'on est train de lui vendre, le package complet. Je ne dirai pas que notre flotte commerciale féminine a des allures de putes de luxe, mais plus les transactions sont énormes, et j'ai les notes qu'il faut pour cela, plus la frontière entre le client et le roi est un peu flottante. Qui plus est, j'ai de quoi faire une liste exacte de toutes les fûtées qui ne pensent qu'à faire le grand saut avec un de nos clients friqués. Leur rêve le plus mal dissimulé : passer de l'autre côté, ne plus jamais vendre quoi que ce soit à qui que ce soit, ne plus faire partie de notre "d"élite qui fabrique le grand rêve de la consommation, mais en devenir intégralement les consommatrices, sans détour ni question, pour une grande partie d'entre elles, c'est le rêve ultime.

Anita devenait, le lundi qui suivi cette fin de semaine, en prenant la place de feu notre aimable démissionnée Isabeau R., chargée de clientèle à l'agence. Elle deviendrait aussi, et cela avec une remarquable rapidité, une redoutable assoiffée de reconnaissance de plus à trémousser sa callipyge idiotie devant l'anti-chambre de la direction.

La grande famille au grand complet

Par Employee of the Month :: 03/12/2006 à 22:17 :: Général
Voici maintenant deux ans que je suis là, au milieu des plantes vertes, non loin de la retentissante photocopieuse, au beau milieu de tous les stéréotypes réunis afin de consacrer ce lieu en une agence de publicité. Telle est sa nature. Une véritable agence.

Je ne m'en apercevais pas mais ces deux années ont fini par m'avoir entièrement, impliqué, rompu de toute ma hauteur, de toute mon abnégation, dans la course aux titres, au succès tant qu'au plus grand anonymat. J'ai consenti à sacrifier la majeure partie de mon temps en me répétant chaque jour les quelques mots qualifiant cette chance que j'avais pu avoir de tomber dans ce monde-ci. Un monde un peu en travers, un monde brillant, juste au dessus, juste en dessous, archétype vivant des coulisses d'une société qui consomme, qui honore en salaires les petites mains qui bâtissent les campagnes populeuses, qui vous donnent à manger les infimes idées douteuses dont nous sommes épris les lendemains de jours normaux, tant que ceux des jours trop fêtés.

Et ce matin, plutôt que de sombrer dans les sempiternelles courbettes faîtes à l'ensemble des postes qui gravitent autour de moi, j'ai décidé de reporter sur des lignes visibles de tous, l'étrange vie dans laquelle je suis tombé.
J'ai plus d'appétit encore que lorsque je suis arrivé là, tout me paraît virevoltant dans un univers stupidement inutile, tout autant que les fabuleux collègues que je côtoie, ou ceux, encore, que je croise, auxquels je dois allégeance, les couches du dessus, improbables bulots surfaits avides de petit pouvoir, ceux-ci qui croient encore survivre avec le ruban doré d'employé du mois.
Ces collègues, ces petits stagiaires, ces fabuleux clients, ces photocopieuses, cette agence, my boss...

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